Photographe errante et spontanée, Cyrielle est attirée depuis toujours par les détails invisibles du quotidien qu’elle révèle dans des captations singulières au gré de ses vadrouilles.

Outil d’observation et d’évasion, c’est avec l’argentique qu’elle commence à immortaliser ses souvenirs de jeunesse. Une dizaine d’années plus tard, elle s’achète son premier reflex numérique qu’elle finira par abandonner pour retourner à l’argentique dont elle admire le grain et l’authenticité.

Comme dans un « road movie », Cyrielle propose dans ses « road picture », pas seulement des paysages mais une réalité extra-ordinaire, où le hasard imprévisible peut être dompté et provoqué par l’utilisation du corps tout entier de l’appareil.

Tout autour de lui, le regard de Cyrielle est attiré par les choses les plus simples mais aussi les plus sensuelles. Une fenêtre ouverte sur la poésie du réel, ses éclairages, ses lumières. Des couleurs au coin d’une ruelle, l’ombre d’un immeuble qui dessine une silhouette, la fumée d’un café entre amis, des mains enduites d’huile que le soleil encadre…

Cyrielle ne fait pas juste des portraits. Elle raconte dans ses photos les personnes qu’elle rencontre, leurs émotions, leurs « tranches » de vie : une vie crue, hésitante, avec ses aspérités et ses crevasses. Une vie à laquelle on s’identifie, la vraie. L’ambiguïté entre douceur poétique et crudité brutale, charnelle. Son appareil photo lui apparaît alors comme une lucarne qui s’ouvre sur le mouvement du monde, ce mouvement qui mérite d’être capté, comme tant de nuages éphémères.

Aujourd’hui, c’est vers l’interdisciplinarité que Cyrielle se dirige tout naturellement pour aller à la rencontre de l’autre, des supports, des matériaux, des disciplines et proposer des œuvres hybrides qui nourrissent son inspiration. Une démarche kaléidoscopique toujours à l’affût de nouvelles collaborations.

– Elena Melody